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La passion, la douleur, la solitude

  • 14 janv. 2021
  • 14 min de lecture

Bonjour à tous, c'est Nico et...oui c'est encore un journal écrit, il y a eu un petit changement de programme. Je vous explique :


Il s'est passé beaucoup de choses ces derniers temps qui ont, ou vont, avoir un impact sur mon alternance. Revenons sur le fait le plus marquant de ces derniers jours, j'ai été opéré de la main droite en urgence mercredi (pratique pour un droitier). Pour la faire courte mes chats ont du tempérament, un peu trop même et j'ai dû les séparer...et la séparation n'a pas été de tout repos, surtout pour ma main. Une infection s'est installée et malgré une bonne dose d'antibiotiques et d'antiseptiques, je n'ai pas pu éviter l'opération. Du coup pendant quelques jours j'ai perdu l'usage de ma main et je n'ai pas encore retrouvé toute ma mobilité ni la dextérité ou la force. Ma grande vidéo sur le sujet spécial va donc devoir attendre, mais on va quand même commencer à l'effleurer.


Du point de vue purement étude, je suis presque prêt à passer ma soutenance de P5, j'aurais dû avoir une soutenance blanche vendredi dernier mais arrêt de travail oblige, elle a été reportée à la semaine prochaine. Ce projet a été un des plus simples pour moi depuis le début car il est en grande partie une gestion de projet. J'étais donc dans un élément connu et j'ai pu avancer assez vite. Verdict le 31 Janvier. J'enchaînerai ensuite sur le projet 6 avec un programme spécial dont je vous parlerai plus tard. J'ai enchaîné plusieurs sessions avec mes élèves au travail, et les résultats ont été au-delà de mes espérances, en fait je suis même très fier d'eux et de leur travail.


Mais revenons-en au sujet du jour, la passion. La vrai passion, celle qui dévore, celle dont on rêve la nuit, celle que l'on tient depuis l'enfance et qui ne nous quitte pas. C'est un sujet sur lequel on est intarissable, une chose que l'on fait/apprend/répète sans effort. Souvent, en grandissant, en changeant de perspectives, les passions changent, car les priorités changent mais quelque fois, nos passions gardent leurs places. Mon côté curieux fait que je n'ai pas qu'une passion, j'en ai en réalité plusieurs, c'est un peu mon problème, il n'y a pas assez de temps dans une journée pour que je puisse faire tout ce qui me fait envie, mais j'en gagne un peu en rêvant. Alors reprenons donc depuis le début. Une de mes plus vieilles passions, c'est le ciel.


Commençons, par une poussette. Et oui, j'ai commencé par pointer les avions dans le ciel, avant de savoir marcher, avant de pouvoir comprendre, avant même d'appréhender un minimum le sujet. Ces traînées de condensation, ces petits fil d'Arianne sur fond bleu, ce canevas produit dans le ciel. Les graphistes de l'azur et leurs plumes à mine blanche qui traçaient des messages que j'étais le seul à pouvoir déchiffrer, des lignes évanescentes, des nuages magiques dont la forme me parlait, une signature dans l'éphémère. Et puis un soir, la télévision m'offre un spectacle que je ne suis pas près d'oublier (notamment parce que mes parents auront la gentillesse - et le désespoir mais cela ils ne le savent pas encore - de me l'enregistrer) L'étoffe des héros de Philip Kaufman (1983).


Ce film m'a littéralement plongé dans un univers que je ne quitterai plus jamais. Ces hommes en blousons de cuir défiant la mort dans des machines improbables. Ces chevaliers du ciel en armure grise souple, cette peau de métal, pointant les merveilleuses courbes de leur épée des temps moderne, la superbe Atlas, vers l'espace sur une musique magique que je retrouverais plus tard comme "Les planètes" de Gustav Holst agrémentée de compositions tout aussi propices aux rêves de Bill Conti. Et c'est précisément là que je deviens réellement la bête curieuse. Je suis en primaire, je n'aime pas le foot, je ne supporte pas un club, je ne connais pas de joueur, je ne suis pas doué en sport (pas dans des disciplines qui intéressent les gens, mais on y reviendra), je ne suis pas populaire auprès des filles, ni des garçons, je ne suis pas un bon élève car je n'en fais qu'à ma tête et je n'aime pas les exercices donc je fais rarement mes devoirs. Mes activités ne sont pas les mêmes, mon discours n'est pas le même, je suis bizarre, je suis un gringalet avec une coupe de cheveux et un look improbables, je ne suis pas drôle mais on rit de moi, je ne réplique pas, je rigole de moi-même quand les autres le font, je m'enferme dans mes rêves aériens, et puis je parle de moins en moins, je joue seul dans ma chambre, je construit mon univers où tous sont exclus, quand je parle, les autres ne comprennent pas et se moquent...un chemin tout tracé pour le début d'une période cruelle qui va durer plus de15 ans. Je sais faire la différence entre un Stearman et un Camel, entre un F16 et un F1, entre une Redstone et une Atlas, je connais Mercury, Gemini et Apollo, la navette spatiale...mais qui ça intéresse ? Et voilà qui me met à part des autres...pour longtemps, mais ça aussi on y reviendra.


En Septembre 1992, mes parents voyant ma passion grandir, amènent la famille à un meeting aérien, celui de Roanne-Rennaison. Je ne sais pas ce qu'est un meeting, mais je suis surexcité jusqu'au jour du départ, la route est longue, je veux déjà y être et j'ai dû être bien pénible pendant le trajet. Et j'ai de quoi, durant une journée magique, suspendue dans le temps, s'enchaînent les avions et hélicoptères de toutes les époques, je rencontre même de vrais pilotes. En l'espace de quelques heures prennent vie tous mes fantasmes de machines volantes, d'hommes et de femmes en blousons de cuir et combinaison de vol, les réacteurs, les hélices, le tout dans une cohue gigantesque. Mais alors il y en a d'autres des comme moi ? Et on est beaucoup ? On regarde les spectacles aériens, même un F16, un vrai ! Les photos de mes livres usés sont en mouvement, le son de mes films préférés fait gronder et vibrer la terre. L'ambiance du statique, les vendeurs de barbe à papa, tout me plaît. Et le clou du spectacle, celui qui finira de verrouiller le couvercle de ma passion et par ricochet celui de ma solitude, la Patrouille de France, cette fois j'en suis sûr, les dessins dans le ciel étaient réels, et maintenant ils sont en couleur, mes yeux pleurent à la fois de joie et d'avoir trop fixé le ciel pour ne rien rater de cette journée magique. Le petit garçon que je suis est en extase devant ce que je ne peux définir que comme un ballet aérien. Et qu'elles sont belles ces ballerines, les SE-5, les Pilatus, les Alphajets bleu, blanc, rouge. A la fin de la journée, j'ai des coups de soleils, les yeux rouges et qui brûlent, des acouphènes, des maux de tête, je suis épuisé...mais je suis heureux comme je ne l'ai encore jamais été.


Ajoutez à cela LE film, celui qui va me faire basculer du côté obscur de la chasse, celui que je vais tellement regarder que la cassette vidéo sera inutilisable et qu'il faudra l'acheter par la suite, ce ne sera plus qu'une bouillie anarchique d'images rongées par les défauts de lecture sur son de réacteurs approximatifs...ni le Vol de l'Intruder, ni Nimitz retour vers l'enfer, ni les Chevaliers du ciel ne pourrons le surpasser, je veux bien-sûr parler de...Top Gun de Tony Scott (1986).


Le seul, l'unique, celui que j'ai vu plusieurs centaines de fois (littéralement, ma famille peut en témoigner). Celui dont je peux refaire le scénario et les dialogues à l'aveugle encore maintenant. Et voilà, c'est fait, je veux devenir pilote de chasse, c'est une certitude, mon rêve est maintenant de partir pleine PC seul à bord de mon 2000, je suis Maverick, Tanguy, Laverdure, Iceman, Yeager, Buck Dany, Pépé Boyigton tout ça à la fois...Je rêve de dogfight, plus de poésies du ciel, des sensations fortes, de la vitesse...peut-être un peu de respect, enfin ? Des rêves de gosses à faire faire des crises de tachycardie à un ingénieur aéronautique. Rien de logique, rien de sensé, rien de possible, juste des élucubrations...mais quel plaisir, que de beaux rêves où l'enfant veut devenir un héro, une légitimité, quelque chose qu'il a toujours voulu. Oui mais pour être pilote de chasse il faut être bon à l'école...et pour être bon à l'école il faut être bien à l'école et ce n'est pas le cas. Mais je ne dis rien, et surtout pas pourquoi. J'aime bien l'école...plus précisément j'aime beaucoup mes instituteurs, qui ne sont eux que bienveillance, mais le problème ne vient pas d'eux et je n'en parlerai pas...pas pendant des années, quasiment jusqu'à la fin de l'époque maudite qu'a été le collège pour moi.


Un peu plus tard, entré au lycée, je suis toujours aussi impopulaire, j'ai les capacités mais pas les notes pour être en scientifique, alors je suis dans une section technologie industrielle...et le cauchemar continue. Mais je découvre une section spécifique, le BIA, ou Brevet d'Initiation à l'Aéronautique. Une petite dizaine d'allumés, de reclus, qui aiment les avions, c'est très Donjons & Dragons, on se retrouve le soir dans une salle et on parle d'un vocabulaire qui ne parle qu'à nous, on échange sur des sujets dont les gens se moquent, c'est ça alors le sentiment d'appartenance ? Météo, dynamique des fluides, phraséologie, planches de bord...mon élément et j'y passe beaucoup plus de temps qu'à faire mes devoirs ! En fait j'y trouve des amis...et en dehors de mon club (oui, oui plus tard) c'est une première.

J'obtiens mon BIA avec mention, et pour le valider nous devons faire une heure de vol...aux commandes ! Le jour venu nous nous rendons donc à l'aérodrome de Charmeil près de Vichy. Notre monture est là...le PA28 Archer II, Foxtrot Golf Echo Juliette Oscar. C'est pas un Gadget, pas un 2000, pas même un Epsilon, mais pour une heure c'est ma monture. Je n'oublierai jamais ce sentiment, ni ce moment, cette pure terreur au moment de prendre les commandes, les mains crispées sur les manettes, le nez dans mes instruments, au point que l'instructeur (que l'on a affectueusement surnommé Banzaï à cause d'un tic de langage) me rappel qu'en navigation à vue (VFR) c'est à moi d'assurer la sécurité de mon avion. Une escale à l'aéroport de Moulins et c'est déjà fini. Je suis amoureux. Une histoire d'amour qui ne sera surpassée qu'à l'université lors d'une rencontre dans un amphithéâtre en cours de littérature de jeunesse. Mais ça aussi je vous le raconterai une autre fois.


Je vais rêver souvent de cet instant magique, de toutes ces sensations. Je ne me rendrai compte que j'étais aux commandes que plusieurs jours plus tard, après être revenu à mon quotidien. Toujours pas de lyrisme, des pures sensations. Je rentre en 1ère S à la faveur de professeurs particulièrement impliqués qui voient en moi ce que je ne veux plus croire. Ils semblerait que des personnes croient que je suis capable de réussir quelque chose...mais je ne remonterai plus dans un cockpit en tant que pilote, les heures de vol ça coûte cher et je fais déjà du sport en club à côté, les équipements, les stages internationaux, les compétitions...je dois faire un choix. Je ne deviendrai pas non plus pilote de chasse, exit Top Gun, je dois choisir un autre chemin.


Je continue d'aimer l'aviation, tout au long de mon parcours universitaire. Certes j'ai découvert depuis des années le rugby mais il n'a pas autant de place dans ma vie. Je suis toujours au courant, j'achète des maquettes, des magasines de pilotes, je fais des photos d'avions dès que je peux (merci l'arrivée du numérique). Et la vie continue, et je vieillis, je ne rêve plus de Mirage, je suis passé à côté de tout ça, l'héroïsme, la gloire de la chasse, cela restera un rêve et des fois ils vaut mieux rêver. Mes lectures ont changé avec l'âge, de Clostermann et Guynemer je suis passé à Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet, Garos, Earheart. Dans mes rêves je ne vole plus sur un chasseur, je ne suis plus un chasseur, je suis aux commandes d'un Electra, d'un Latécoère, d'un Simoun, d'un T-6 ou d'un Potez. Je rêve de rallies autour du monde, d'étendues sauvages en lisant mes romans sur les lignes du sud, l'aéropostale. Mes envies ont changé en même temps que mes aspirations, plus qu'un amour de l'aviation, je veux transmettre ma passion, j'en parle dès que l'occasion se présente. Je finis mes études en Lettres & Sciences avec une spécialisation enseignement...mais comme pour (presque) tout dans ma vie jusque là, rien ne marche jusqu'au bout...je ne suis toujours pas populaire à la fac...le prototype qui deviendra le Geek plus tard et qui me faisait espérer des lendemains meilleurs s'avère être pire bourreau que ceux qui le maltraitaient jusque là. Sectaire, obtus, vicieux et calculateur, décidément je ne me fonds dans aucune communauté.


La vie continue, j'ai rencontré une jeune fille à la fac. une nouvelle passion. Elle est belle, elle est maladroite, elle est timide, elle est mal dans sa peau. Mais je la comprend et elle me comprend mieux que personne car on a les même raisons de ne pas être confiants. Elle est bizarre, comme moi. Elle joue seule comme moi. Elle a des rêves inassouvis, comme moi. Mais elle n'a pas eu beaucoup de soutien jusqu'ici. Qu'à cela ne tienne je ne demande qu'à la soutenir...et c'est là que je comprend, quand je me rend compte que j'ai envie d'écrire dans le ciel avec elle. Elle le sait, je le sais. Cinq ans plus tard, comme une évidence pour nous, cette jolie jeune fille devient ma femme. Cette journée spéciale est la concrétisation de mois de travail avec nos familles mais surtout d'un rêve, celui d'être aimé, pour de vrai. Pas un plan d'un soir, pas une amourette fugace, pas une fille séduite par des faux semblants et des masques que je mets pour me protéger. Elle m'aime tel que je suis parce que pour elle, j'ai tombé le masque, elle a vu les cicatrices, les trainées de condensation profondes, inamovibles laissées par des années de harcèlement sur le ciel gris qu'est mon âme à ce moment. Elle a vu le carénage fuselé et aérodynamique, mais amer et salé des larmes qui ont coulé le long de mes joues. Enfin un rêve, quelqu'un m'aime.


Et puis un jour des années plus tard, lors d'une virée à Vichy. On doit aller chercher ma sœur qui était de sortie avec ses copines à l'aéroport. Un pieux mensonge...bon anniversaire de mariage, vous vous envolez, et tu seras en place de droite. Je sympathise avec le pilote, on fait la pré-vol ensemble, il me dit qu'il me laissera les commandes une fois en l'air. Le hangar s'ouvre, et surprise, qui je retrouve ? Ce bon vieux Juliette Oscar, celui-là même que j'ai piloté il y a 19 ans ! Et sur ces quelques 45 minutes de vol tout à fait magiques je vais garder les commandes une bonne partie du temps. Quel stress, quelles sensations, je suis à nouveau aux commandes, et ma femme et ma mère sont derrière, cette fois-ci des gens importants pour moi sont juste là...je pilote devant ma famille, quelle fierté ! Et je ne m'en sors pas trop mal pour quelqu'un qui a quitté le manche il y a des années.


Et je rêve de nouveau, je me demande comment intégrer cette passion à celle de l'enseignement...je suis un homme aux multiples facettes et je veux combiner celles-ci et voilà où me guident mes réflexions. Je veux écrire, partager, transmettre et continuer d'apprendre, cette passion, cet amour pour l'aviation ne font que renforcer mes convictions, mes valeurs et mes blessures. Grâce à l'amour et au soutien inconditionnel de ma famille, de celle qui est enfin devenue ma femme. J'ai repris mes études à plus de trente ans et dans une situation difficile, mais je vole. Quand on vole, le temps est différent, si rapide et si lent en même temps, un instant fugace mais une magie éternelle. Le paysage délicat défile si lentement, alors que le badin nous dit bien le contraire. Mais les éléments sont là, la terre est plus belle vue du ciel, la vie est plus douce en glissant sur l'air, la majesté d'une aile qui fend l'invisible, le soutien caché mais bien présent. Celui qui te tient debout contre toute attente, les forces de la nature si contre-intuitives mais si efficaces quand il s'agit d'effacer une frontière, de gommer des différences, et de se laisser planer entre deux turbulences, dans un lieu qui n'appartient à personne, qui ne juge personne, qui laisse tout un chacun être ce qu'il veut mais qui l'accueille à bras ouverts.


Saint Exupéry ne voulait pas survivre à la Seconde Guerre Mondiale car il craignait la "termitière future", jusqu'au bout il aura fait ce qu'il estimait être une obligation, malgré son âge, pour être légitime - car il estimait qu'avant d'écrire il fallait faire - et pour le plaisir. Et un jour comme tout poète du ciel, comme ses collègues de Latécoère et des lignes Air France, après avoir mis ses affaires en ordres avec son ami de toujours du "Savoie" (il est le parrain de son fils dont le deuxième prénom est Antoine, Gavoile, patron du 2/33 fera tout pour clouer son ami au sol craignant l'inéluctable, ne voulant pas voir s'éteindre la flamme d'un des écrivains les plus doués du monde moderne), il a décollé dans son Lightning, pour ne pas revenir. Les gens étaient habitués à ses retards car il n'était exempt de problèmes au cours de ses déjà 9 missions de combat à plus de quarante ans...mais au bout d'une heure la plus belle épopée de la littérature française se termine par un sobre "Disparu au combat" dans un journal d'escadron, l'éternelle patrouille, la voie lactée si bien illustrée par Miyazaki dans Porco Rosso (1992). Il avait peur de l'instantanéité, de la déshumanisation, de cette vie "à l'américaine" qu'il a pu goûter après la bataille de France, dans le luxe certes mais qu'il n'appréciait pas complètement, par manque de contact et de chaleur. Nous sommes aujourd'hui et par la force des choses dans cette vie, le progrès nous a (presque) tout donné, les nouvelles technologies nous l'ont donné tout de suite. Mais tout cela n'est pas venu tout seul. Le fameux management par les chiffres dont je parlais dans un de mes premiers articles est une de ces conséquences. La mal-être ambiant de la pandémie est son corolaire. Nous n'avons pas perdu le contact depuis un an, nous l'avons perdu depuis plus d'une génération, au profit de l'instantanéité, au profit du profit lui-même, d'une vie plus riche. Réellement plus riche ? Entendez-vous les gens rire quand on leur parle de bienveillance, de don de soi, de bénévolat et d'intelligence émotionnelle ? St Ex, déjà dans les années 40, espérait un âge de l'empathie après les atrocités ; mais sentait le vent tourner dans le sens de l'individualisme forcené, des mesquineries, de l'égo et de la petite vengeance. Aujourd'hui sans l'effet de l'instantané les gens sont seuls, perdus, ce mal de vivre qui est un bruit de fond dans les périodes où tout va bien ressort dans cette Histoire avec le même effet boomerang si fidèle à chaque crise, on n'apprend donc jamais…

Je suis un enfant d'Antoine, un petit prince rêveur, un voyageur de nuit, j'ai ma propre citadelle, j'ai une rose, j'ai un renard. Et comme lui je souhaite la partager aux autres avec mes mots, avec ma plume maladroite, empruntée et bancale, le talent en moins. Cette passion de l'air, du ciel, le rêve d'Icare et de tant d'autres dont je fais partie. Transmettre et apprendre, apprendre que ces années ne sont pas plus dures que les autres, que cet enfermement que les gens ressentent aujourd'hui, depuis quelques mois et qui les fait craquer...c'est le quotidien d'un petit garçon qui rêve d'avoir des ailes pour s'échapper de la prison qu'est devenue sa vie. De cet enfer qu'est la scolarité seul, à affronter les brimades, les rires, les insultes et des fois les coups, sans jamais rien dire. C'est la solitude d'un ado qui malgré ses efforts et les masques qu'il créé ne s'intègre pas et ne parviens plus à nouer de vraies relations. C'est la détresse et l'angoisse d'un jeune homme qui a dû créer tant de faux-semblants et de facettes autour de lui pour cacher sa peur et sa douleur et depuis tant d'années qu'il ne sait plus qui il est vraiment. C'est la vie de tous les jours d'une victime de harcèlement. C'est mon prochain sujet…c'est personnel, c'est vécu, ça fait mal et on va en parler ensemble.


Car c'est ensemble qu'on peut construire, c'est ensemble qu'on peut espérer, c'est ensemble qu'on peut enfin croire en nos rêves et quelquefois les réaliser. Et c'est avec vous que je commence enfin, avec des décennies de retard, à concrétiser les miens. Alors maintenant plus que jamais. Prenez soin de vous, de votre famille et de vos amis, soyez à l'écoute de ce que l'on dit, mais surtout de ce que l'on ne vous dit pas. Soyez attentif, soyez prévenant, soyez généreux...parce que c'est la meilleure façon de dessiner dans le ciel. Et qui sait, à force de dessiner, un jour votre plume pourra-t-elle percer les nuages et redonner un peu d'azur à la couverture métallique ambiante d'une personne qui en a besoin.


A très bientôt


Nicolas

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