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Une semaine avant le départ

  • 22 août 2020
  • 5 min de lecture

Bonjour à tous, j'ai eu l'idée récemment de tenir un journal qui me suivra tout au long de mon année d’alternance. Rédigé à chaud et à vocation légère, je souhaite partager avec vous l'expérience du retour sur les bancs de l'école à trente ans passés. Mais tout d'abord un peu de contexte. Ce premier article sera long car il faut que vous explique le pourquoi du comment, mais rassurez-vous les prochains seront plus courts.


Qui suis-je et nom de diable pourquoi retourner à l'école ?

Je m'appelle Nicolas, j'ai 34 ans et je vis en Auvergne près de Clermont-Ferrand.

Je viens de passer près de 10 ans dans divers métiers de l'informatique comme sous-traitant de rang 2 (salarié en CDI dans une société qui louait mes services à une autre société, elle-même partenaire du client final). Cette série d'expériences aussi bien techniques que fonctionnelles a été très enrichissante. Néanmoins, les années et les missions passant, je me suis rendu compte de plusieurs choses. La première et non la moindre...je n'avais plus aucune passion pour ces métiers, je n'aimais plus vraiment ce que je faisais et pour dire vrai je me sentais plus enfermé dans cette situation, où, certes je gagnais bien ma vie mais sans aucune envie de me lever le matin. La deuxième est l'évolution des méthodes de management (en général) qui ne me convenait plus du tout. Le tout conjugué à une pression incessante et croissante me faisant glisser lentement mais sûrement vers un burn-out (certains indices ne trompent pas notamment le fait de recommencer à fumer...beaucoup). J'avais malheureusement eu l'occasion de voir ces effets de près car plusieurs collègues autour de moi en on fait (et en font encore) l'expérience. C'est le constat que nous avons fait avec mon employeur dont j'étais proche et qui m'a aidé à arriver à la conclusion suivante : c'est fini, je dois passer à autre chose. Il me propose donc une rupture conventionnelle que j'accepte.

Outre le choc de se dire qu'on est arrivé à la fin d'une partie de sa carrière à seulement 34 ans et après 10 ans d’investissement pour en arriver là, est arrivée la peur de me demander...et maintenant...quoi ?


Déprime et questionnement

Pendant toute la durée de mon pré-avis de départ, c'est la question qui a miné mes forces et mon moral...maintenant quoi ? Mon CV est très clair, je suis informatologue de métier, et je ne peux/veux plus exercer. Je suis titulaire d'un DUT en communication...la belle affaire, mis à part dans son application pratique au quotidien en entreprise je n'ai plus fait de communication en tant que professionnel depuis l'âge de 20 ans. Autant dire que c'est pas là-dedans que je pourrais faire mon nid. Et...c'est tout. Ou presque.


L'enseignement, ma vraie vocation

En effet, ma femme et moi nous sommes rencontrés à la fac en pré-professionnalisation aux métiers de l'enseignement. A cette époque, elle comme moi nous destinions à enseigner. Il était évident que j'allais en faire mon métier...n'est-ce pas. Hééééé non. D'abord la crise du CPE...puis un an comme enseignant-concepteur au GRETA ont fini de me dégoûter de l'Education Nationale. On va essayer d'enseigner dans le privé...ah mais non...une réforme est passée entre temps et je ne peux pas enseigner sans avoir validé un Master. Donc...eh bien informatique ce sera, mais je n'ai jamais perdu de vue l'idée qu'un jour je serais enseignant...peut-être à la fin de ma carrière.

Alors quoi retour à l'Education Nationale ? Entre temps mon épouse a travaillé plus de 9 ans au Rectorat, juste assez pour voir que je ne peux pas y retourner (question de caractère). Et toujours pas cette fichue Licence (merci la réforme LMD qui est passée juste après que j'arrête mes étude à Bac+2). Bon ben on va faire des tests d'orientation professionnelle, ils été prévus pour ça après tout. Et le résultat est...enseignant...


Le chemin vers l'école

Je fais comment pour enseigner sans diplôme ? Comment je vais passer une licence après avoir quitté l'école il y a 15 ans ? J'ai commencé par le site sur lequel je vais chercher mes cours pour mes mises à niveau en informatique. C'est donc parti pour explorer OpenClassrooms, quitte à étudier autant le faire à distance à la maison (merci la fibre). Ils ont des parcours pour apprendre des métiers maintenant.

De mieux en mieux même, ils ont une section pédagogie. Et des diplômes niveau Licence et Maîtrise. Je regarde très attentivement et je trouve une formation qui me plaît, Ingénieur Responsable Pédagogique (titre RNCP niveau 6 donc Bac+3/4), elle regroupe tout ce que j'aime dans l'enseignement et ce que j'aimais dans l'informatique. Et elle se fait en alternance. Ma femme a passé un BTS en alternance après son DEUG, c'est une bonne manière de faire évoluer sa carrière. Tentons !


Un entretien de motivation pour être étudiant à trente piges

Autant vous dire que ça m'a fait tout drôle de me dire que j'allais redevenir étudiant. Mais ne brûlons pas les étapes. On commence par faire son dossier, on fait marcher le scanner pour les diplômes et les relevés de notes, on rempli le dossier et c'est parti. Quelques jours plus tard je reçois un mail me notifiant que mon dossier a été sélectionné et que je devais passer un entretien de motivation. Tout a été très vite et a la fin de la semaine suivante j'étais pris pour l'alternance.

Maintenant il faut trouver une entreprise.


La recherche d'alternance pendant le CoVid

Donc maintenant me voilà étudiant, avec une coach en recrutement (très efficace par ailleurs vous verrez)...et confiné. Super départ pour une recherche d'emploi, les écoles et instituts de formation sont fermés. La seule bonne nouvelle c'est l'annonce d'une prime à l'embauche pour les alternants, ça ça tombe à pic...sauf que non...je suis trop vieux. Décidément quand ça veux pas.

Bon, ils doivent bien lire leurs mails, donc après avoir peaufiné mon CV et ma lettre de motivation avec ma coach, je me lance. 4 à 5 CV par jours. Sauf qu'il n'y a que 6 annonces pertinentes et aucune en alternance, je postule quand même par acquis de conscience. Les jours passent. Toujours aucune annonce, qu'à cela ne tienne on va faire de la candidature spontanée. Donc on y va avec les Pages Jaunes et le moteur des entreprises qui recrutent sur Pôle Emploi. Et rebelote 4 à 5 CV par jours tous personnalisés pour chaque entreprise donc avec les recherches qui vont avec. On ponctue ces journées par la phase de relance téléphonique pour m'assurer que mes candidatures sont reçues. Les journées sont longues car en parallèle je commence à faire les cours recommandés pour mon parcours qui sont accessibles gratuitement, ça fait parfois des journées de plus de 10h.

Les jours passent, puis les semaines, puis les mois, toujours pas d'entretien. Je commence à désespérer et à me demander combien de temps ça va me prendre (si j'y arrive). Ma coach me rassure et me dit que je m'y prend bien, qu'il faut juste que je sois patient. Et elle a raison car le lendemain je suis convoqué à un premier entretien, puis à un second. Les 2 entretiens se passent bien, et dans les jours qui suivent j'apprends que les 2 entreprises sont intéressées. Le choix du Roi !


Et maintenant on attend

Je fais le choix de travailler avec une entreprise locale proche du milieu informatique. Je dois commencer le 1er Septembre. Et maintenant on doit attendre. Et là je dois vous avouer que je trouve le temps long, j'ai vraiment hâte de commencer, d'une part parce que ça fait longtemps que je veux retourner à l'enseignement et aussi parce que je suis très motivé à l'idée de commencer, ça me démange de me lever et d'aller bosser avec de l'entrain.

Voilà, maintenant que vous savez tout, dans les prochains articles je vous ferai part de ma vie quotidienne d'ingénieur pédagogique/étudiant. J'en ferai peut-être un ou deux autres avant de commencer.


En attendant portez-vous bien (avec vos masques, c'est important).


Nicolas.

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